L’ombre du milliardaire Chakroun plane sur les sondages favorables à Moncef Marzouki

23 avril 2012. Par Sami Ben Abdallah

Le 20 avril 2012, des dizaines de médias tunisiens ont diffusé le communiqué de L’institut 3C Etudes qui a réalisé du 27 au 30 mars 2012 la quatrième vague du baromètre politique post-élections qu’il a lancé en janvier 2012.Selon cet Institut « Moncef Marzouki a toujours la cote de confiance des Tunisiens avec 78% d’avis favorables ». Et d’ajouter « Marzouki succèderait à lui-même et perdrait le qualificatif de « provisoire » si les élections présidentielles étaient organisées en mars 2012, d’après le même sondage. »

Le Blog de Sami Ben abdallah revient sur les résultats de ce sondage en dénonçant le tandem Chakroun-Marzouki qui souhaitent manipuler l’opinion publique tunisienne à coups de sondages qui ne veulent rien dire.

Les sondages politiques en Tunisie : Ce qu’il faut savoir

Les Tunisiens habitués à suivre l’actualité politique française qui diffuse régulièrement des sondages sur la politique en France ont tendance à confondre sondages en Tunisie et en France. Pourtant, la comparaison n’a aucun sens. La France connait les pratiques des sondages et des enquêtes d’opinion depuis 1938 en général et 1970 dans le champ politique. Or la pratique des sondages politiques en Tunisie n’a commencé qu’après janvier 2011.

Par ailleurs, en France, outre les 6 grands Instituts de sondages privés, les services statistiques de l’Etat emploient environ 10 000 personnes dont 6 700 à l’INSEE pour une population de 60 millions de Français. Ce sont ces données statistiques importantes récoltées par l’Etat qui permettent aux instituts de sondages de réaliser leurs enquêtes et de prédire avec précision les résultats des élections quelques minutes après leur fin.

En Tunisie, nous ne sommes pas encore à ce stade de développement que connait la France. Les données statistiques sont rares et peu fiables.

Enfin, il faut beaucoup d’années et de sondages afin de comprendre le comportement politique du consommateur tunisien afin d’éviter toutes les erreurs qu’on observe aujourd’hui.

En résumé, les sondages actuels en Tunisie ne veulent pas dire grand-chose. D’ailleurs, ce sont ces sondages qui ont prédit par exemple une victoire écrasante du PDP de Nejib Chebbi aux élections d’octobre 2011…

Le sondage de L’institut 3C Etudes d’avril 2012

Le 20 avril 2012, des dizaines de médias tunisiens ont diffusé le communiqué de L’institut 3C Etudes qui a réalisé du 27 au 30 mars 2012 la quatrième vague du baromètre politique post-élections qu’il a lancé en janvier 2012.Selon cet Institut « Moncef Marzouki a toujours la cote de confiance des Tunisiens avec 78% ». Et d’ajouter : « Marzouki succèderait à lui-même et perdrait le qualificatif de « provisoire » si les élections présidentielles étaient organisées en mars 2012, d’après le même sondage. »

La manipulation des résultats : Une présentation sélective des chiffres

Si les médias, sous influence de l’Institut 3c Etudes, se sont contentés de diffuser massivement la première partie des résultats du Sondage d’avril 2012, ils n’ont pas osé commenter la seconde partie des résultats qui montre les erreurs méthodologiques probablement commises.

En effet, le sondage de 3C Etudes se composait de 2 volets :

Un premier volet porte sur la cote de confiance des Tunisiens dans les hommes politiques et un second qui concerne les intentions de votes. Entre ces 2 volets, il y a une relation évidente : si vous avez confiance en un homme politique, logiquement, vous avez « tendance » à voter pour lui.

L’échantillon se compose de 1610 personnes

Sondage 3C Etudes Avril 2012

La cote de confiance

La cote de confiance est la somme des réponses aux 2 questions :

J’ai beaucoup confiance dans cet homme politique

J’ai peu de confiance dans cet homme politique

Selon 3C Etudes, la cote de confiance de Moncef Marzouki en Avril 2012  s’établi à 78%:

Echantillon= 1610 tunisiens

78% font confiance à Moncef Marzouki soit 78% de 1610 =  1255,8 personnes.

Ces 78% se composent de :

42% des Tunisiens ont beaucoup confiance en Moncef Marzouki.Soit 42% de 1610= 676,20 personnes

36% des Tunisiens ont peu confiance en Moncef Marzouki. Soit 36% de 1610= 579,6 personnes.

Les Intentions de vote :

Selon la seconde partie du sondage

23% uniquement des Tunisiens voteraient pour Moncef Marzouki.

Ce chiffre montre une anomalie statistique et montre que communiquer sur le chiffre de 78% est faux : ce chiffre ne permet pas de déclarer comme le fait 3C que « Marzouki succèderait à lui-même et perdrait le qualificatif de « provisoire » si les élections présidentielles étaient organisées en mars 2012, d’après le même sondage. »

Sur un échantillon de 1610 personnes,

78% (soit 1255,8 personnes) déclarent qu’ils ont confiance en Moncef Marzouki.

Mais uniquement 23% des 1610 soit 370,3 personnes voteraient pour lui.

Soit 885,5 personnes de l’échantillon  déclarent avoir confiance en Marzouki mais qui ne voteraient pas pour lui.

Autre anomalie:

La cote de confiance de Moncef Marzouki selon 3C Etudes se composent de 42% qui déclarent: J’ai beaucoup confiance en Moncef Marzouki.

Même quand on ne retient que le taux des personnes qui ont « beaucoup confiance en Moncef Marzouki » soit 42%  des Tunisiens ont beaucoup confiance en Moncef Marzouki,soit 676,20 personnes sur l’échantillon, on rencontre la même anomalie :

676,20 des Tunisiens (sur l’échantillon de 1610) ont beaucoup confiance en Moncef Marzouki

Mais  uniquement 370,3 personnes de ces 676,20 voteraient pour lui

On obtient 305,9 personnes qui déclarent qu’ils « ont beaucoup confiance en Moncef Marzouki » 

mais ne voteraient pas pour lui. Ce résultat est illogique et montre que Communiquer sur le chiffre de 78% est faux : ce chiffre ne permet pas de déclarer comme le fait 3C que « Marzouki succèderait à lui-même et perdrait le qualificatif de « provisoire » si les élections présidentielles étaient organisées en mars 2012, d’après le même sondage. ».

Il suffit de comparer avec la France pour avoir une piste plausible sur l’origine de cette « anomalie » du Sondage. La cote de confiance des politiques français ne dépasse pas les 50%. Les votes varient entre 20 et 30%.

En resumé, il est impossible voir illogique que la cote de confiance des politiques tunisiens soit de 78% comme c’est le cas pour Moncef Marzouki alors que les intentions de votes se limitent à 23%.

La main du milliardaire Chakroun pour aider Moncef Marzouki

Nasr Ali Chakroun est le patron de Gnet. Il a moins de 60 ans. C’est un milliardaire tunisien dont la fortune personne varie entre 50 et 70 milliards (selon diverses sources). Cette fortune a été acquise sous Ben Ali grâce principalement à la licence Internet (Gnet). En effet, Planet et Gnet étaient les 2 seuls fournisseurs internet et ont eu l’exclusivité du marché tunisien pendant cinq ans, ce qui leur a permis de gagner des milliards sur le dos des Tunisiens qui souffraient sous Ben Ali. Si Planet a pu obtenir la licence car elle appartenait à la fille de Ben Ali, Gnet et nasr Ali Chakroun ont pu avoir la bénédiction de Ben Ali grâce à son alliance avec Ali Babbou,Slim Chiboub,Montassar Ouili et Tahar Jebari l’ancien informaticien de Ben Ali,très proche de Nasr Ali Chakroun. C’est ce dernier qui a soutenu Moncef Marzouki durant sa campagne electorale alors que le même Marzouki dénonçait les hommes d’affaires qui aidaient ses adversaires et se la jouait : « plus intègre et honnête que Marzouki tu meurs ! ». Pour récompenser Nasr Ali Chakroun pour son soutien, Moncef Marzouki a nommé sa fille comme Conseillère au Palais et lui a proposé le poste de ministre des Technologies qu’il a refusé car il voulait rester dans l’ombre. Le Blog de Sami Ben Abdallah a évélé ses informations dés décembre 2011. Au départ, Moncef marzouki a nié tout en bloc avant que Mohamed Abbou et Abderraouf Ayadi ne passent ax aveux et reconnaissent que le milliardaire chakroun a soutenu le CPR.

Cependant, toutes ces anomalies du sondage auraient pu passer inaperçues s’il n’y avait pas la main du milliardaire Nasr Chakroun dont l’Institut 3C Etudes est sous sa totale influence.

« Institut 3C Etudes est sous la totale influence de Nasr Ali Chakroun,le mlliardaire qui a soutenu Moncef Marzouki et dont la fille,Meriem, a été nommée conseillère au palais »

En janvier 2012 par exemple, 3C Etudes a réalisé le même sondage politique (il s’est déroulé du 10 au 15 janvier) et il a été diffusé le 17 janvier 2012 sur les colonnes du quotidien le Maghreb du 17 janvier 2012. Soit 2 jours uniquement après la fin du sondage.

Or, pour le sondage d’avril 2012, l’enquête s’est déroulée entre le 27 et 30 mars 2012 mais n’a été rendue publique que le 20 avril 2012.

Si 3C Etudes a mis presque 3 semaines pour publier ses résultats (contre 2 jours en janvier 2012) c’est à la demande expresse de Nasr Chakroun après avoir consulté Moncef Marzouki.

Selon des informations précises dont dispose le Blog de Samli Ben Abdallah, Moncef Marzouki a pu consulter les résultats de ce faux Sondage depuis au moins le 10 avril 2012. C’est lui-même qui a demandé à Nasr Chakroun dont dépend l’institut 3C Etudes de reporter la publication des résultats au 20 avril 2012.

Car la veille, le 19 avril 2012, Imed Dami, bras droit de Marzouki et Ministre directeur du cabinet présidentiel donnait une conférence de presse dans laquelle il destituait Abderraouf Ayadi de son poste de Secrétaire général du CPR.

En effet, le Congés pour la république est divisé depuis des mois entre 2 clans. Le premier,celui de Abderraouf Ayadi qui souhaite que le CPR soit indépendant du pouvoir. Et le clan de Marzouki composé de ce dernier et des membres du Bureau politique qui sont au gouvernement. Ces derniers souhaitent que le CPR se contente d’applaudir la politique de Moncef Marzouki. D’ailleurs, Abderraouf Ayadi et Om Zied ont récemment rompu avec le silence et avoué que Imed Daimi ne pouvait donner  sa conférence de pesse du 19 avril 2012 sans un feu vert de Moncef Marzouki.

Et Om Zied et Abderraouf Ayadi  d’ajouter que c’est bien Moncef Marzouki qui complote au palais de Carthage contre le groupe de Abderraouf Ayadi au CPR.

En résumé, Moncef Marzouki se croyait un bon manipulateur en demandant à son bras droit Imed Dami de donner une conférence de presse le 19 avril 2012 afin de destituer son ancien ami, Abderraouf Ayadi du CPR.

Et le 20 avril 2012, c’est le milliardaire Nasr Chakroun qui exécute la seconde étape du complot : publier les résultats de son 3 C Etudes en insistant sur le chiffre de 78% de Tunisiens qui font encore confiance à Moncef Marzouki. Ainsi, dans la guerre qui oppose les 2 clans au CPR,c’est le clan de Marzouki qui sortira vainqueur compte tenu des résultats du sondage de 3 C études qui roule pour son ami, le milliardaire Chakroun.

Mais c’était sans oublier que communiquer de la manière de 3C sur ce chiffre de 78% est incontestablement faux.. Et que la seconde partie du même sondage annonce que 23% uniquement des personnes interrogées voteraient pour Moncef Marzouki .

Mentir en politique, renier ses promesses électorales, trahir, comploter contre Abderraouf Ayadi, son ami de 20 ans. Et espérer que l’opinion publique soit manipulée par des sondages sous l’influence de l’ami milliardaire Chakroun,

De la « petite » politique que sait faire Moncef Mazouki…car de la « grande politique »,il ne sait pas en faire…

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