Mustapha Ben Jaafar futur candidat d’Ennahdha aux présidentielles de 2013

20 avril 2012. Par Sami Ben Abdallah.

Les élections présidentielles françaises ont souvent influencé les tunisiennes. Avant 2002 par exemple, toutes les oppositions tunisiennes avaient parié sur Lionel Jospin, candidat du Parti socialiste. Ce dernier avait cessé de soutenir le régime tunisien et la presse française avait fait émerger feu Mohamed Charfi comme possible candidat de la France aux présidentielles de 2004. Au Début de 2002, le régime tunisien a fait passer son referendum et la gauche française a perdu les présidentielles dés le premier tour (Avril 2002). Les oppositions tunisiennes ont perdu leur pari et Ben Ali a pu compter sur son le soutien indéfectible de Jacques Chirac et l’UMP.

Les élections présidentielles tunisiennes qui se dérouleront en 2013 ne dérogeront pas à cette règle. Alors que la guerre continue entre Nicolas Sarkozy et François Hollande, les partis tunisiens font leurs paris. Ennahdha est le parti politique le plus intéressé par l’issue de ce scrutin. Et les cercles proches de Rached Ghannouchi laissent fuiter sciemment leurs pronostics.

Si le candidat du parti Socialiste, François Hollande, gagnait les présidentielles en France, Ennahdha compte parier sur Mustapha Ben Jaafar et le designer comme son candidat aux présidentielles tunisennes de 2013 confient des proches de Rached Ghannouchi.

En effet, depuis des années, Mustapha Ben Jaafar entretient des relations cordiales avec le parti socialiste français et a été souvent reçu par François Hollande du temps où il était premier secrétaire du Parti socialiste et par l’actuelle Secrétaire générale Martine Aubry. Par ailleurs, le FDLT,le parti de Ben Jaafar, est affilié à « l’internationale socialiste » dominée par le Parti socialiste français, depuis qu’Ahmed Ben Salah lui a cédé sa place après avoir dissous son parti.

Ennahdha s’est joué de plusieurs candidats

Depuis la chute de Ben Ali, Ennahdha a eu plusieurs candidats. D’abord Beji Caid Essebsi qui devait être désigné comme président de la république aux lendemains des élections de la constituante du 23 octobre 2011. De mars 2001 jusqu’à octobre 2011, Beji Caid Essebsi s’était arrangé avec Ennahdha et a laissé faire, tout comme les autres partis, le financement occulte coulait à ciel ouvert des pays du Golf et d’ailleurs.

Le CPR avait créé la surprise en se plaçant comme 2 éme gagnant des élections et la Constiante.Et Moncef Marzouki a exigé le poste de président de la République qui lui a été accordé au grand dam de Beji Caid Essebsi.

Si Ennahdha a laissé faire, c’est car il pensait que Moncef Marzouki était capable de rassurer les Tunisiens et les partenaires étrangers. Cependant, les gaffes de Marzouki avec la Lybie, l’Algerie et la France, son double discours et l’explosion de son parti, le CPR, l’ont convaincu que Marzouki était limité politiquement et qu’il n’est pas l’homme de la situation. C’est ce qui explique le nouveau pari sur Mustapha Ben Jaafar qui a été approché par les dirigeants Nahdaouis et a donné son accord…

C’est ce qui explique que Mustapha Ben Jaafar roule depuis des semaines pour Ennahdha.Quant à Moncef Marzouki,il ne cesse de courtiser à nouveau les islamistes en espérant qu’ils ne le lâcheront pas…

Le Calcul politique d’Ennahdha

Ben Jaafar,Marzouki ou autres, le calcul politique que fait Ennahdha a sa logique. La Constituante accouchera un régime plutôt parlementaire. La majorité des pouvoirs seront détenus par le premier ministre (et par conséquent le gouvernement). Ennahdha est conscient qu’un candidat 100% nahdaouis aux présidentielles n’a pas de vraies chances de l’emporter. C’est pourquoi, il lui faut des hommes de pailles.

BDTECHIE