Le PLI : Le Parti de la Libération islamique (Hizb Ettahrir)

Les Islamistes tunisiens sont-ils pareils? Y-a-t-il une différence entre Ennahdha , Ettahrir et les Salafistes ? Qu’en est-il de la Gauche Islamique ?


On ne peut pas discourir sur l’Islam politique en Tunisie ou l’apparition d’une tendance salafiste sans au moins comprendre le phénomène.

A cette fin, des ouvrages de références s’imposent :

L’islamisme au Maghreb de François Burgat (paru en plusieurs Editions)

« Le syndrome autoritaire en Tunisie » (Editions Sc po, auteurs Vincent Geisser et Michel Camau), il s’agit des Chapitres 7. Du MTI à En Nahdha. Des Islamistes pas comme les autres (pp 267-314) et du chapitre 8 : « L’Université : Un champ politique de substitution ? » (pp 315-352).

Les travaux du tunisien Mohamed El Baki Hermassi (plusieurs de ses articles sont introuvables) . Exemple : « la société tunisienne au miroir islamiste », Mohamed El Baki Hermassi, Maghreb-Machreq monde arabe, N° 103, Mars 1984

L’ouvrage en arabe d’Alaya Allani

كتاب « الحركات الإسلامية بالوطن العربي: تونس نموذجا »

لمؤلفه الباحث التونسي اعليه علاني

L’ouvrage en arabe de Slah eddine el Jourchi (un des leaders des islamistes progressistes en tunisie ou le 15/21)

« الإسلاميون التقدميون »

« الإسلاميون التقدميون – التفكيك وإعادة التأسيس » كتاب صدر حديثا عن دار رؤية للنشر للكاتب صلاح الدين الجورشي، يقع في 342 صفحة ويقول عنه المؤلف إنه تجربة لمجموعة من الشبان كانوا في يوم من الأيام أعضاء نشيطين ضمن النواة الأولى للحركة الإسلامية التونسية، وبعضهم كانوا من بين مؤسسيها ثم عصفت بهم وبالجماعة حالة فكرية متمردة على ما كان سائدا، ولم تمض سوى فترة وجيزة حتى وجد هؤلاء أنفسهم خارج الرحم المؤسس.

et

Abdellatif Hermassi (son ouvrage sur les islamistes tunisiens est difficile à trouver). Il est aussi l’auteur de l’article « l’islamisme et l’Etat en Tunisie » paru à la revue « l’Homme et la société » N° 114 (Editions l’Harmattan) 1994.

Pour comprendre la logique du pouvoir en Tunisie qui a motivé l’affrontement avec le parti Islamiste,

il faut lire l’ouvrage de Sadok Chaabane, « Ben Ali et la voie pluraliste »

Et l’ouvrage en arabe d’Abdallah Amami

تنظيمات الإرهاب في العالم الإسلامي النّهضة نموذجا عبد اللّه عمامي

Le Mouvement de la tendance Islamique (MTI) حركة الإتّجاه الإسلامي بتونس se compose selon François Burgat (classification faite en 1990) du:

En Nahdha,

un  groupuscule appelé « parti de la libération islamique » : Il s’agit de la section tunisienne du parti (international) de libération islamique (PLI).حزب التّحرير الإسلامي بتونس

un  groupuscule appelé : « Le jihad islamique »

un groupuscule « pro-iranien »,

La Gauche islamique : « les islamistes progressistes (appelés aussi 15-21)

La Nahdha de Rached Ghannouchi fait de la démagogie en faisant croire que la Nahdha englobe TOUT le mouvement de la tendance islamique (ce qui n’est pas le cas).Les islamistes tunisiens ont des logiques différentes.

 

Le Parti de la Libération Islamique (PLI)

حزب التّحرير الإسلامي بتونس

(Présentation selon l’islamologue français François Burgat,un des meilleurs spécialistes mondiaux de l’islamisme)

 Il s’agit de la section tunisienne du parti (international) de libération islamique (pli).actuellement dirigé par un a’lim [savant religieux] d’origine kurde, Abd Al Qadim Zalloum, le pli a été fondé en 1952 en Jordanie par le cheikh Taqui Eddine Nabhani, juge palestinien, adepte du rétablissement du califat, qui a été son principal théoricien. Comme Yassine et comme Ghannouchi, Nabhani reproche notamment aux réformistes du xix ème siècle d’avoir attenté au dogme pour plier l’islam aux règles de la modernité, au lieu de transformer à l’inverse la société moderne pour la plier aux règles de l’islam.

 Sa stratégie prévoit pour le parti, considéré comme l’instrument politique privilégié dans cette conjoncture historique, trois grandes étapes :

– une phase de préparation et d’étude destinée à mettre au point la culture propre au parti.

– Une phase –qui est censée être celle que vit en ce moment le parti- d’interaction avec la société, qui doit peu à peu être gagnée aux principes fondateurs.

– une phase de conquête totale du pouvoir, une fois levées les résistances de la société civile.

 Les adeptes tunisiens de ce programme, partiellement recrutés au sein de l’armée, ont fait depuis 1982, date probable de l’implantation du mouvement en Tunisie, l’objet de trois séries de condamnation. La plus récente est intervenue en mars1985, date à laquelle 34 membres de l’antenne tunisienne du parti, dont 19 militaires, ont été condamnés (en appel)à des peines d’emprisonnement (de 2 ans, pour les civils, à 8 ans pour les militaires) pour « appartenance à une association illégale à caractère politique ». le principal accusé était un professeur d’éducation physique du nom de Mohamed Jerbi, supposé avoir adhéré au pli dans les années 70 et être responsable de la section tunisienne. Parti de petits fonctionnaires peu enclins à la réflexion philosophique, le pli a, en Tunisie, la force tranquille de ses certitudes : « nous sommes le seul mouvement islamiste à disposer dés aujourd’hui d’une alternative (badil) complète », proclament les rares militants que la répression a –dans l’attente de la confirmation du jugement en appel- extraits de la clandestinité. « la promotion 1985 , plaisantent-ils avec leur visiteur, va rejoindre la promotion 1983 » (entretien avec l’auteur, Tunis-le bardo, août 1985]

 Et, de fait, l’œuvre du juge palestinien Nabhani (notamment l’Etat islamique et la trilogie de l’organisation – sociale, politique et économique – dans l’islam) fourmille de « solutions » techniques aussi détaillées que péremptoires, toutes propres à rassurer le militant inquiet et lui permettre de faire la très séduisante économie de la réflexion. Sur leur programme tunisien, les membres du pli n’ont pas, hormis quelques tracts, signé une seule ligne d’analyse ; les implications concrètes de la mise en œuvre du projet politique se suffisent des analyses du cheikh fondateur, et rien, dans la réalité tunisienne, n’apparaît comme suffisamment spécifique pour en justifier un quelconque aménagement. Dans tous les cas, les militants renvoient donc le contradicteur ou l’adhèrent en phase de formation, aux généralités intangibles du cheikh.

Parti de la Libération Islamique

Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux

Le 22 mars 1985

« Il y a parmi les croyants des hommes qui ont été fidèles au pacte qu’ils avaient conclu avec Dieu. Tel d’entre eux atteint le terme de sa vie ; tel autre attend, tandis que leur attitude ne change pas ».[ Sourate XXXIII, « Les factions », Verset 23, Trad. D. Masson.

Le Parti de la Libération est un parti politique. Son principe est l’islam, sa finalité le recommencement de la vie islamique, qui met en application les préceptes de l’islam et porte son appel dans le monde. C’est un parti qui invite tous les hommes à l’islam, à adopter ses conceptions et ses règles. Il s’appuie sur l’interaction avec la Umma pour parvenir à ses fins. Il combat la colonisation sous toutes ses formes et appellations, afin de libérer la Umma de sa domination et d’extirper ses racines culturelles, politiques, économiques et autres du sol des pays islamiques.

Ceux qui travaillent à concrétiser ces idées authentiquement islamiques dans la vie réelle avec sincérité et piété, cherchent ce faisant la satisfaction de dieu le très haut viennent d’être jugés : 48 jeunes gens du Parti de la Libération ont été condamnés à l’emprisonnement le 16 mars 1985, pour l’unique raison qu’ils ont tenté de sauver la Umma islamique des griffes des régimes qui (illisible).

L’Etat islamique, c’est-à-dire l’Etat du califat, tire sa légitimité de ce que dieu a imposé, dans sa loi divine, aux musulmans de la concrétiser afin que la Umma s’abrite sous l’étendard de l’islam et jouisse de la sécurité, de la justice et de la confiance.

O fils de la grande Umma islamique : les gouvernants de Tunisie, qui oppriment dans les prisons la jeunesse islamique, célèbrent ce qu’ils appellent par ailleurs la fête de l’indépendance.

Ce qu’ils fêtent, c’est (en réalité) la concentration des forces de l’impiété et du colonialisme sur le pays. Le colonisateur impie (kafir), lorsqu’il lui apparut clairement qu’il lui était impossible de rester ouvertement sur notre sol, avec son armée et les autres pouvoirs coloniaux, a changé sa manière voyante de faire en retirant ses forces matérielles et en installant à leur place sa culture, ses normes et ses conceptions de la vie. Il a fait des gouvernants, enfants de ce pays, les gardiens de cette culture, de ces normes et de ces conceptions, les gardiens des intérêts du colonialisme dans l’exploitation de ses richesses et de ses biens. Et il a donné à la Umma l’illusion de ces prétendues indépendances, tant en Tunisie que dans les autres pays de l’islam.

Pour cela, le Parti de la libération s’est levé et a pris en charge la mission de sauver la Umma islamique et de la faire sortir des ténèbres et de l’égarement vers la lumière de la voie guidée (droite) et le bonheur de la vie.

O fils de la grande Umma islamique ! levez-vous (..) pour écraser les régimes qui adoptent la culture de l’occident et appliquent ouvertement les règles de l’incroyance. agissez pour faire revenir les terres de l’islam aux règles de l’islam, pour rétablir l’Etat du califat.

« O vous qui croyez ! répondez à Dieu et à son prophète lorsqu’ils vous appellent à ce qui vous fait vivre » ( Sourate VIII, « Le butin », Verset 24, Trad. D. Masson)

Traduit par R. Jacquemont pou François BURGAT)

Les Tunisiens et la culture,Bilan catastrophique

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