Sami Ben Abdallah écrit à Kamel Eltaief: Lettre à un ami

Cher Kamel Eltaief,
Comment vas-tu ? Comment vont les enfants ? La famille ? Et les affaires ?
J’ai décidé de t’écrire car j’ai pris connaissance des dernières attaques me visant. Cela m’a arraché un grand sourire. Les derniers coups ont manqué de classe. Ce n’est pas ma photo,le montage de la voix est mal fait et c’est du bricolage d’amateurs.

Trois de tes chiens sont à nouveau à mes trousses :

Le premier un ex policier qui se passe pour un blogueur.

Le second, un « … ».

Et le troisième, un pseudo Blogueur et facebooker qui a été recruté en cachette par la police politique depuis mai 2010 et qui, à partir d’août 2011, a retrouvé en toi un père.J’imagine la tête de ses fans quand ils sauront qu’il a été un indicateur sous Ben Ali. Je sais que tu as vu sa fiche et que « tu le tiens car tu connais son secret ».

C’est leur faire trop d’honneur que de les citer nominativement. C’est pourquoi, je t’écris, toi qui es leur Maitre.

Cher Kamel Eltaief,
Te rappelles-tu du passé ? En ce qui me concerne, je n’ai rien oublié même si j’ai tourné la page. Je me rappelle quand je suis rentré cet l’été 2011 à Tunis, comment tu m’envoyais un intermédiaire chaque jour pour faire ma connaissance. J’ai compris que tu ne m’as pas pardonné le fait de t‘avoir tenu tête alors que tu étais à l’apogée de ton pouvoir : Beji Caid Essebsi était encore Premier ministre, tes réseaux de « poulets » au Ministère de l’Intérieur t’étaient encore loyaux. Et tu avais à ton service des dizaines de chiens qui étaient prêts à aboyer au moindre signal de leur maitre.
En ce qui me concerne, j’étais presque seul et bien-sûr que je soufflais le chaud et le froid à ceux que tu m’envoyais…

Cher Kamel Eltaief,
Te rappelles-tu de la première et de la deuxième fois quand tu m’as invité à ton bureau pour une discussion à bâtons rompus ? Te rappelles-tu ce que je te disais : « Je sais que tu as regardé mon dossier et que tu n’as rien trouvé comme d’autres qui l’ont consulté, aucune compromission concrète avec le régime de Ben Ali, aucune trace et aucune preuve sauf une feuille sur laquelle était écrit : « A chaque fois qu’il rentre en Tunisie, qu’il soit sous surveillance » ».

Et durant les 2 fois où je suis rentré sous Ben Ali, je l’ai été.

Et sais-tu ce que Ben Ali m’avait dit en Novembre 2010 quand j’ai annoncé que j’étais prêt à renouer avec l’auto-exil en France ? Il m’a envoyé un message avec un haut responsable qui me l’a transmis : « Plus personne ne t’emmerdera ». Je ne suis rentré la troisième fois qu’après sa chute.

Cher Kamel Eltaief,
Je me rappelle de notre second rendez-vous en tête à tête, le jour de mon départ pour la France en septembre 2011, tu m’avais parlé de tes projets politiques, de ta piste américaine et de la piste française…A la fin de la discussion, tu n’avais pas aimé ce que je t’ai dit. L’ambiance était extrêmement tendue. Et quand tu m’as accompagné aux escaliers, j’ai compris que tu me préparais un coup bas.Pourtant tu me souriais…
Le jour même, j’ai découvert l’affaire fabriquée que tu as imaginée. Le lendemain j’ai passé 8 heures chez la brigade criminelle. Et vers la fin, le chef de la criminelle en personne est venu me voir, assez gêné, pour me dire que j’étais libre de mes mouvements. Entretemps, la presse française m’a soutenu tout comme des milliers d’internautes. Le plan de départ consistait à me mettre en « garde à vue ».Il était tombé dans l’eau.

Cher Kamel Eltaief,
Cet été, à Tunis, tous tes chiens étaient à mes trousses. Ils ont tout essayé pour me salir à force de rumeurs et de ragots. Je savais que j’étais sous écoute téléphonique, je savais aussi qu’avant de me voir, tu avais déjà entendu mes conversations.

Tes chiens ont même essayé de faire pression sur Mohamed Idriss afin que ce dernier me colle une affaire.
En résumé, un journal torchon qui roulait pour toi dans le temps (avant de se retourner contre toi récemment), avait voulu faire croire à ses lecteurs que j’ai fait « un chantage à Mohamed Idriss ».
Le même torchon avait envoyé à Mohamed Idriss le journal avant sa parution en pensant qu’il allait être intimidé et accepter. Le même Mohamed Idriss a renvoyé un fax désavouant le contenu de l’article. Pourtant, le lendemain, ton torchon a été publié.

J’étais au courant de ce coup bas le jour même.Et j’ai exigé son fax dés le 4 octobre 2011.

A l’attention de M Nadhir AZZOUZ

J’ai pris connaissance ce matin de ce document, et vous prie de ne rien publier à mon sujet. Je vous confirme que M. Sami Ben Abdallah ne m’a rien demandé

Avec mes remercîments

(Mohamed Idriss)

Il s’agit de la réponse de Mohamed Idriss. Pourtant,le torchon en question a publié l’inverse

S’il est incontestable que Mohamed Driss n’est pas un ange en politique, il a eu la classe de se refuser à ce coup et de me faire part (à ma demande) d’une copie du fax en question.

Cher Kamel Eltaief,
Te rappelles-tu de la dernière chose que je t’ai dite avant de partir ? Je t’ai dit : « ces chiens que tu lances à mes trousses vont finir par se retourner contre toi et te mordre ». Et par conséquent, je n’ai pas été surpris de constater les dernières semaines que certains de tes chiens se sont retournés contre toi car ils ont trouvé un nouveau maître.

Cher Kamel Eltaief,
Je t’avais dit que si tu voulais me faire la guerre, je serais prêt. Que si tu voulais, on pourrait faire comme les guerriers d’avant : choisir un terrain, une date ..  Peut-être, je ne gagnerais pas contre toi car je te reconnaissais de l’intelligence, du cynisme et puis, il y a encore tes « réseaux de poulets » au Ministère de l’Intérieur.  Mais toi non plus Kamel, tu ne gagnerais jamais contre moi. Pourtant, j’étais seul. Et des adversaires, j’en avais beaucoup…Mais depuis enfant, j’avais appris à ne jamais reculer quand on me cherchait.

Cher Kamel,

Si je t’écris cette lettre aujourd’hui, c’est pour demander de tes nouvelles.  Et pour te dire, que la prochaine fois que je rentrerai à Tunis, je t’apporterai les chocolats que tu aimes et des  livres à lire. Je redécouvre moi-même le plaisir de la lecture après avoir été lassé de la politique à la tunisienne. On pourra relire les œuvres de Victor Hugo ou de Marcel Proust ensemble à moins que tu n’aimes la littérature américaine.

Cher Kamel Eltaief,
Sous Ben Ali, j’ai beaucoup entendu parler de toi. On m’a dit, Kamel Eltaief est un homme très intelligent. Je ne pouvais pas te connaitre car tu n’étais pas de ma génération. Tu étais mon ainé de 20 ans. Jusque-là, je te reconnais beaucoup d’intelligence, de cynisme et un vrai sens du tueur en politique.

On m’a dit aussi  que tu as passé plusieurs mois à dire tout le mal que tu pensais de moi aux autres, qu’il t’arrivait des jours où tu te réveillais le matin avec une seule obsession : « Comment faire un nouveau Coup bas à Sami Ben Abdallah »…

Maintenant qu’on se connait, j’espère continuer à penser dans l’avenir que Kamel Eltaief est intelligent en politique. Car je n’aime pas  discourir sur tes relations mondaines,ni sur ta rencontre avec Hedi Baccouche,ni ton poulain Khemais Chammari,ni Raja,ni Taoufik, ni Abid, ni Somaco, ni sur les vraies dessous du conflit que t’as eu avec Slim Chiboub ni …etc

Et je n’aime pas être déçu Kamel Eltaief.

La déception me brise le coeur.

Et ça me rend insensible pour toujours…

Amicalement

Sami Ben Abdallah

Paris

le 3 février 2012

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