Tunisie: Foued Mebazaa doit s’expliquer !

Foued Mebazaa est un des grands gagnants de la révolution tunisienne.  Le Blog de Sami Ben Abdallah publie quelques révélations (d’autres seront publiées bientôt) sur l’ancien courtisan de Ben Ali et de Bourguiba qui touche actuellement une retraite dorée d’ancien Président de la Tunisie.

Le 14 janvier 2011

Convoqué au palais de Carthage avec Mohamed Ghannouchi et Abdallah Kallel, Foued Mebazaa a refusé durant 24h d’assumer le poste de Président de la République comme le prévoit la Constitution en cas de vacation du pouvoir. Quand il a appris qu’il devait assumer cette lourde responsabilité, Foued Mebazaa s’est écroulé sur un fauteuil tellement il avait peur de ben Ali. Entretemps, Mohamed Ghannouchi a accepté et

il a fallu toute la pression du « clan du Sahel » qui s’est réunit au Ministère de l’Intérieur (tard dans la nuit du 14 au 15 janvier 2011) pour que Foued Mebazaa accepte le poste de Président. Le clan du Sahel a chargé, l’ancien Premier-ministre et Ex Premier Vice-président du RCD Hamed Karoui, également ami avec Foued Mebazaa de convaincre ce dernier.

Pourquoi Foued Mebazaa a-t-il eu peur ?

Plusieurs raisons expliquent cette peur :

D’abord durant tout le parcours politique de Foued Mebazaa sous Bourguiba ou Ben Ali, l’homme ne s’est nullement distingué par un quelconque courage politique (la seule chose qui revient ans les discussions sur lui: il aime fumer les cigares quotidiennement).  D’ailleurs, sous Ben Ali, il a failli être démis de ses fonctions 2 fois.

Foued Mebazaa a supplié Ben Ali afin de ne pas le limoger

En 1988, quand une proche de Foued Mebazaa a commis un commentaire beldi sur le comportement de la grande famille de Ben Ali (« g3ar » était le commentaire). Ce mot a fortement déplu à ce dernier. Résultat : le limogeage de Foued Mebazaa qui s’est fendu d’une lettre fleuve au président Ben Ali afin que ce dernier pardonne et le rétabli dans ses fonctions.

Après 2004, Ben Ali aurait aussi voulu se séparer de Foued Mebazaa. Et à son habitude, ce dernier lui a adressé une lettre fleuve pour le supplier de revenir sur sa décision.

Autre preuve de la proximité de Mebazaa à Ben Ali, les villas Mebazaa. Les mauvaises langues disent qu’elles ont été construites trop près de sites archéologiques ! Mebazaa avait demandé la permission à Ben Ali et ce dernier lui a donné son accord.

Wikileaks: Mbazaa est un homme fidèle et loyal à Ben Ali

D’ailleurs, wikileaks ne s’est pas trompé en écrivant « Foued Mebazaa comme un homme loyal et fidele à Ben Ali ».

Le Monde du 15/01/2011 a commenté le parcours politique de Foued Mebazaa. C’est le quotidien français Le monde qui rappelle ses vérités :

 

Un Extrait :

IL A SU S’ACCOMMODER DU REGIME POLICIER DE BEN ALI

L’homme, on l’a dit, n’a pas l’âme d’un résistant. Il appartient au bureau politique du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti au pouvoir. Et il sait s’accommoder du régime policier mis en place par Ben Ali. C’est donc sans état d’âme qu’il accepte de présider la chambre des députés (depuis octobre 1997) où l’opposition est quasi-absente.

Cette fonction en fait le deuxième personnage de l’Etat dans l’ordre protocolaire.

Et Le Monde d’ajouter:

Dans un mémorandum de mai 2009 obtenu par Wikileaks et révélé par Le Monde, celui qui, par la grâce de la constitution, est le nouveau chef de l’Etat était présenté comme un septuagénaire sans ambition, « un homme loyal vis-à-vis de Ben Ali et qui ne représente pas un danger pour lui ».(fin)

Dans un autre câble de wikileaks de l’ambassade USA en Tunisie datant du 9 janvier 2006,on lit:

Mebazaa est un pilier du RCD ( membre du bureau politique du RCD, ancien ministre, et un «survivant» de l’ère Bourguiba ), dont la principale tâche en tant que président intérimaire serait d’organiser des élections et, perpétuer la main mise du pouvoir par le RCD.

 

10 Novembre 2009. M. Foued Mebazaa a exprimé, à cette occasion, sa gratitude et sa reconnaissance au Président Ben Ali pour avoir soutenu sa candidature à la chambre des Députés et sa présidence pour un nouveau mandat (..)Il a, également, relevé la cohésion autour des choix du Président Ben Ali, sauveur de la Tunisie et artisan de ses acquis et qui a donné la preuve, tout au long des années du Changement, qu’il réalise ses promesses, concrétise ses plans et réussit son action ce qui a permis à la Tunisie de vivre les plus beaux chapitres de son histoire moderne.

 

Après la chute de Ben Ali, Foued Mebazaa a échappé à toutes poursuites juridiques. Pourtant, en sa qualité de Président de la chambre des Députés (second personnage du régime de Ben Ali), il a cautionné et voté toutes les lois de Ben Ali. De Janvier à décembre 2011 (11 mois) Foued Mebazaa a gagné en moyenne 30 millions/mois, avantages et salaires compris).

Sa retraite de président est du même ordre environ. L’Etat aurait mis à sa disposition une voiture et des agents à son service. Moncef Marzouki aussi gagne le même salaire de Ben Ali et de Mebazaa et aura la même retraite.

Quant aux familles des martyrs et des blessés de la révolution, en  tout et pour tout (selon le décret présidentiel) elles ont touché 20 millions  par  mort et 3 million par blessé.

En Tunisie, il vaut mieux s’appeler Foued Mebazaa que faire la révolution.

BDTECHIE