Sadok Chourou : l’Ex Emir d’Ennahdha fait peur


Emprisonné sous Ben Ali pour « complot contre la sécurité de l’Etat », Sadok Chourou, a toujours promu et représenté l’aile radicale du Mouvement Islamiste.

Si le parcours de l’Homme inspire du respect par son « courage » (même si, comme d’autres Chefs d’Ennahdha,Sadok Chourou  n’a jamais milité pour la liberté pour tous les Tunisiens mais principalement pour atteindre le pouvoir) il est incontestable que sa facette radicale fait réellement peur.

Politiquement, il est presque impossible qu’Ennahdha désavoue publiquement Sadok Chourou car Rached Ghannouchi n’ignore pas que son ancien rival (Sadok Chourou) représente l’aide dure du Mouvement. Et qu’en cas de désaveu public, le même Sadok Chourou pourrait faire scission et rejoindre les « salafistes ». Au mieux, il sera demandé à Sadok Chourou de « corriger » ses déclarations ou de ne plus s’exprimer le temps que l’orage passe… (et Samir Dilou ou autres s’emploieront à « corriger » les propos de Sadok Chourou)

Retour sur le parcours politique de l’Ex Emir d‘Ennahdha

Il y a 2 Sadok Chourou. Le premier, le prisonnier qui a gagné la sympathie des uns et des autres à cause des années qu’il a passées en prison. Sadok Chourou est un « ancien président du mouvement islamiste Ennahdha (non reconnu), celui-ci avait été, en 1992, condamné à une peine de réclusion à perpétuité pour complot et tentative de coup d’État. Libéré à la suite d’une grâce présidentielle le 5 novembre 2008, il a été, un mois plus tard, de nouveau arrêté en raison d’une virulente interview accordée à la chaîne satellitaire tunisienne Al-Hiwar, puis, le 12 décembre, condamné en première instance à un an de prison ferme » (Source JeunAfrique)

Cependant, il y a la seconde facette de Sadok Chourou, celle de l’Emir. Sadok Chourou à été élu président d’Ennahdha en Avril 1988 jusqu’à Mars 1991 (date de son arrestation par le régime de Zin Ben Ali).

A la sortie de Rached Ghannouchi de la prison en Mai 1988, il demanda à Sadok Chourou de lui céder la Présidence du Mouvement Nahdha. Cependant, ce dernier refusa et rappela à Rached Ghannouchi qu’il appartient à un congrès de l’Elire. Ghannouchi n’a pas été élu au congrès qui s’est deroulé plus tard et il partira de la Tunisie en 1989 pour entamer un long exil volontaire.

Sadok Chourou et la tentative de Coup d’Etat de 1991

Sadok Chourou était au courant des préparatifs d’Ennahdha pour organiser une seconde tentative de coup d’Etat qui devait avoir lieu en 1991.

Pourquoi 1991 ?

En 1987,Sadok Chourou a confié à ses proches qu’il a vu le prophète Mohamed SAWS dans un rêve. Le prophète aurait dit à Sadok Chourou: » Le mouvement aura le pouvoir dans 4 ans » (par conséquent en 1991).  Les proches de Sadok Chourou l’ont cru car selon un autre Hadith du prophète, ce dernier dit que « si un musulman me voyait dans un reve,c’est qu’il m’a réellement vu car satan n’ose pas usurper mon identité » (sens du Hadith)

عن النبي ‏ ‏صلى الله عليه وسلم ‏ ‏قال ‏ ‏من رآني في المنام فقد رآني فإن الشيطان لا يتمثل بي ‏

‏قال ‏ ‏وفي ‏ ‏الباب ‏ ‏عن ‏ ‏أبي هريرة ‏ ‏وأبي قتادة ‏ ‏وابن عباس ‏ ‏وأبي سعيد ‏ ‏وجابر ‏ ‏وأنس ‏ ‏وأبي مالك الأشجعي ‏ ‏عن أبيه ‏ ‏وأبي بكرة ‏ ‏وأبي جحيفة ‏ ‏قال ‏ ‏أبو عيسى ‏ ‏هذا ‏ ‏حديث حسن صحيح ‏

 

C’est Ahmed Manai qui a rappelé ce fait historique dans la liste Tunisnews das un Droit de réponse au dirigeant d’Ennahdha M.Zemzemi paru http://www.tunisnews.net/30Octobre09a.htm

Extrait:

Ahmed Manai fait allusion dans ce texte à la seconde tentative d’Ennahdha de Coup d’Etat (abattre l’avion de Ben Ali avec un Missile Stinger) et au fameux rêve de Sadok Chourou qui a dit à ses proches qu’il a vu le prophète 

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Par ailleurs, Ben Ali avait évoqué nominativement Sadok Chourou dans une Interview au quotidien français Le Monde datant de 1991


Extrait :

Le Monde: Un complot islamiste a été découvert en Tunisie en mai dernier. Quelle fut l’ampleur exacte de l’infiltration dans l’armée, la garde nationale et la police ?

Ben Ali: N’étant pas un mouvement démocratique, le mouvement islamiste dit Ennahdha tente de prendre le pouvoir par tous les moyens. C’est pourquoi les tentatives d’infiltration des institutions de l’Etat relèvent, pour lui, de la méthode. Notre armée est un corps sain, imbu des principes républicains. Les tentatives pour l’infiltrer sont restées circonscrites à des éléments fanatisés issus de deux promotions d’officiers qui avaient eu comme professeur un dirigeant intégriste.  » Il s’agit de l’émir Sadok Chourou, qui avait succédé à l’émir Rached Ghannouchi au printemps de 1989, lorsque ce dernier choisit l’exil volontaire. Cet émir enseignait à temps partiel à l’académie militaire de Fondouk-Jedid. Ces jeunes officiers y étaient arrivés déjà endoctrinés. Sur la centaine de militaires interrogés à la suite de ce complot, trente-quatre jeunes officiers restent impliqués.

Le Monde: Certains ont vu dans ce complot un  » montage  » pour justifier la répression contre les terroristes.

Ben Ali: Il y a bel et bien eu complot. Il n’y a ni montage ni amalgame. La justice est saisie de l’affaire. Elle dira son mot en toute sérénité et en toute indépendance. De ce complot, nous avons encore la preuve tous les jours. Ces dernières semaines, nous avons découvert de nouveaux entrepôts de cocktails Molotov, de bouteilles de vitriol, et pas plus tard que lundi dernier, une station émettrice de 200 watts dans les environs de Tunis. Elle venait d’être installée et n’avait pas encore d’antenne. Ses utilisateurs se proposaient sans doute de brouiller les émissions de la radio-TV en français et en arabe, mais aussi de diffuser leurs propres messages.

(référence exacte de l’article : Les relations avec le Maghreb et la visite de M.Mitterrand à Tunis Un entretien avec le président tunisien « L’intégrisme ne passera pas…Il n’y a point d’avenir en dehors de la démocratie», nous déclare M.Ben Ali. Article paru dans l’édition du 12.07.91. Auteurs : DEURE MICHEL,LANGELLIER JEAN PIERRE)

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