Affaire d’espionnage Magenta : Tahar Belkhodja enfonce Beji Caid Essebsi

L’affaire d’espionnage Magenta qu’a connue la Tunisie au début des années 1960 n’a pas encore livré tous ses secrets. Dans un témoignage récent, Tahar Belkhodja qui occupait le poste de Directeur General de la Sureté lors de cette affaire, a enfonce son supérieur hiérarchique, le Ministre de l’Intérieur de l’époque : un certain Beji Caid Essebsi.

Ali Mrad était chargé du service de l’écoute sur les communications téléphoniques. Ali Mrad roulait pour d’autres services de sécurité étrangers. Et Beji Caid Essebsi a refusé de le limoger. Savait-il la vérité sur ses activités ?

 Béji Caid Essebssi, a bien publié des mémoires (qui s’entendent sur 525 pages où on ne trouve aucune précision sur cette affaire) mais il n’a pas eu le « courage politique » de s’expliquer sur cette bavure 50 ans après les faits.

Retour sur un brulant secret d’Etat : l’affaire d’espionnage Magenta dans laquelle était impliqué, le super Flic Ali Mrad.

3 témoignages contre Ali Mrad et mauvais pour Beji Caid Essebsi

Le témoignage de Tahar Belkhodja

« Témoignages politiques de Tahar Belkhodja (publications de la fondation Temimi pour la recherche scientifique et l’information, Zaghouan, – série 11: Témoignages oraux n° 2, arabe et français).

A la page 27, Tahar Belkhoja témoigne :

 « (..) tous les autres responsables de la sécurité ont été recrutés à l’époque coloniale et formés par la sécurité française. a cette époque, on ne pouvait pas être commissaire de police ou officier de police si l’on ne jouissait pas de la confiance de ses supérieurs français. Cela ne voulait pas dire que les commissairres de police ou officier de police tunisiens trahissaient leur pays. Après l’indépendance, nous avons eu recours à eux:

 Mongi Abdelkafi,

 Hédi Sediri,

 Salah Ettoumi,

 Ali Mrad,

 El ayachi,

 Ben Sliman,

 Boukhchena,

 El Mokrani…

 Ils étaient tous des vétérans, mais quelques uns étaient suspects.

Ali Mrad chargé du service de l’écoute sur les communications téléphoniques divilgua quelques secrets. Sa femme, française, avait refusé de demander la nationalité tunisienne. Ce qui est encore plus bizarre c’est qu’après mon départ de l’Intérieur il fut chargé des services de sécurité de notre ambassade à Paris. D’autres hauts responsables à la sécurité étaient corrompus.

 Par Exemple Salah Ettoumi chargé de la criminalité, était toujours accompagné de deux gardes du corps ivre mort la plupart du temps, il avait un pouvoir absolu sur tous les services de la sécurité. Il a fallu mettre tout mon poids auprès du Ministre de l’Intérieur pour exiger son départ » (fin de l’Extrait, page 27).

 

Le témoignage de Hssan Babbou

Interviewé par le quotiden Achourouk en 2008, l’ancien Directeur de la Sureté en Tunisie Hssan Babou a évoqué une affaire passée presque inaperçue : celle de l’implication d’un haut fonctionnaire du Ministère de l’Intérieur en Tunisie dans les années 60 dans une grave affaire…Il s’agit de l’affaire « Ali Mrad »

 L’ancien Directeur de la Sureté Hssan Babbou précise que Béji Caid Essebsi et M. Khfacha n’ont pas voulu limoger ce responsable.

Le témoignage de Roger Faligot et Pascal Krop

Roger Faligot et Pascal Krop sont surement les 2 meilleurs journalistes spécialistes du renseignement français. La qualité de leurs ouvrages, la véracité des informations, scoops et révélations qu’ils publient prouvent qu’ils sont une sorte de communicants des services français (la DGSE : La Direction générale de la sécurité extérieure) .

 Car selon les deux spécialistes du Renseignement français, il semble que ce haut responsable au Ministère de l’intérieur –Ali Mrad- était lié au réseau « Magenta ».

 

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