Après MEDIAPART,Moncef Marzouki n’a pas dit la vérité à MosaiqueFM

Combien de personnes se sont présentées aux présidentielles de 1994 en Tunisie ? Jusqu’à récemment, Moncef Marzouki criait sur tous les toits qu’il était le seul à se porter candidat (ce qui est faux) qu’il a brisé un tabou en se présentant aux présidentielles en 1994 (ce qui et faux car ce n’était pas un tabou en Tunisie) qu’il a été emprisonné pour s’être porté candidat (faux aussi. Il a été emprisonné pour diffamation après une interview au journal espagnol El Pais) et qu’il a été libéré après l’intervention personnelle de Nelson Mandela (faux aussi).

A MEDIAPART en 2009, Moncef Marzouki a répété cette version. Après la chute de Ben Ali, il l’a répétée encore à Mosaïque quand il était l’invité de midiShow du vendredi 25mars 2011 :

« effectivement, j’étais le seul à m’être porté candidat aux présidentielles en 1994 et j’ai été emprisonné ».

Vous pouvez aussi  retrouver cet extrait entre 6mn35 sec et 6mn45 sec dans la vidéo complète de l’émission sur ce lien http://www.youtube.com/watch?v=4ZA3qcNdjdo

Un mensonge politique

Là, on est carrément dans le registre du « mensonge politique » et du double discours qui caractérise Moncef Marzouki. Car ce dernier n’ignore pas qu’il n’était pas le seul à s’être porté candidat aux présidentielles de 1994.

Abderrahmane Hani, avocat et défenseur des droits de l’homme (il s’agit du père du journaliste Zied El Hani, l’actuel maire de Carthage) s’est porté candidat aux Présidentielles de 1994, a également été arrêté et emprisonné durant des mois.

Abderrahmane Hani a été été arrêté et emprisonné dés février 1994 alors que Moncef Marzouki l’a été vers la fin du mois de mars 1994.

Amnesty international avait évoqué en 1994 le cas d’Abderrahmane Hani :

par exemple en juin 1994, dans le DOCUMENT – AMNESTY INTERNATIONAL BULLETIN MENSUEL JUIN 1994 CLIQUEZ ICI

« Deux personnes – les seules à se porter candidats aux élections présidentielles de mars dernier en plus du président Ben Ali – ont été arrêtées en février et mars et sont toujours détenues. Moncef Marzouki, ancien président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme, et un avocat, Abderrahmane Hani, ont été inculpés d’avoir critiqué les autorités lors d’interviews accordées aux médias étrangers. Ahmed Kahlaoui, un syndicaliste, est aussi en détention – inculpé de distribution de tracts non autorisés. » (fin de l’extrait)

 ou en Aout 1994, dans le DOCUMENT – AMNESTY INTERNATIONAL BULLETIN MENSUEL AOUT 1994 ,CLIQUEZ ICI

« En mars 1994, l’ancien président de la Ligue, Moncef Marzouki, a été arrêté et inculpé de propagation de fausses nouvelles. Abderrahmane Hani, avocat et défenseur des droits de l’homme, a également été arrêté. Ils étaient les seuls à avoir annoncé leur intention de se porter candidats contre le président Ben Ali aux élections présidentielles de mars 1994. Abderrahmane Hani a été relâché après plus de deux mois de détention. » (fin de l’extrait)

Zied el-Hani a dédié une page personnelle à la mémoire de son père. Cliquez ICI

Voilà le Communiqué d’Amnesty International version papier qui évoque ces candidatures

La vérité sur les candidatures aux présidentielles en Tunisie

Moncef Marzouki n’ignore pas ces vérités.Et pourtant,il les a cachées  à MEDIAPART

SOUS BOURGUIBA:

En 1974 quand Bourguiba voulut se faire désigner un président à vie, M.Chedli Zouiten (Cousin de Bourguiba) et M. Ibrahim Toubal (bras droit de Salah ben Youssef) ont annoncé leurs candidatures. Les 2 candidatures ont été refusées. Chedly zouiten s’est fait traiter de « fou » et Ibrahim Toubal vivait en exil. Il est décédé le 12 septembre 1990 à Genève comme le précise le journal le Monde.   

SOUS BEN ALI:

EN 1989:

Ezzeddine Hazgui, ancien détenu politique (sous Bourguiba) militant depuis des années a été le premier candidat à la présidentielle contre Ben Ali en 1989. Ezzeddine Hazgui est le père de Jawhar Mbarek de Doustourna.

Sur cette photo par exemple,on voit Sadok Ben Mhenni (père et Lina ben Mhenni) et Esseddine Hazgui en prison  dans les années 1970 (procès de PERSPECTIVES,l’extrême gauche sous Bourguiba).cliquez pour agrandir

En 1994:

L’avocat, Me Aberrahmane HANI : dirigeant d’un parti non Reconue – le Mouvement de l’avant-garde de l’unité arabe s’est présenté en 1989 et 1994. Arrêté le 15 février 1994, il est libéré que lendemain de la présidentielle, soit deux mois plus tard. Il comparaît libre, devant le tribunal qui le condamne à un an et huit mois d’emprisonnement avec sursis pour constitution d’une association non reconnue et diffusion de fausses nouvelles. Aberrahmane HANI est le père du journaliste Zied El Hani qui lui a rendu un vibrant hommage ICI.

A l’étranger, Ahmed Manai (exilé et auteur de « supplice tunisien : Le jardin secret du général en Ali ») a annoncé sa candidature aussi aux présidentielles de 1994 dés 1993. interviewé par le journal français Le Progrès,il a déclaré:

Vous serez candidat, l’an prochain, aux élections présidentielles. Sur quel programme ? REPONSE: Je me suis décidé à être candidat quelque soit le coût de ma démarche, car c’est pratiquement commettre un crime de lèse- majesté que de se présenter contre M. Ben Ali.Mais il faut briser un tabou psychologique et faire comprendre aux Tunisiens que quiconque remplit les conditions d’éligibilité peut être candidat.Je me présenterai pour une réforme approfondie de la constitution et à l’instauration des fondements d’une société démocratique. Il faut faire voter l’abolition des lois antidémocratiques, dont celle qui instaure la création du « citoyen- espion », qu’on veut nous faire prendre pour un médiateur…et restaurer l’unité nationale. (Source: ICI)

Et Moncef Marzouki

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