Fuite de Moncef Marzouki de la Kasbah (Janvier 2011)

Le correspondant de l’AFP (Agence France Presse) qui était présent sur les lieux témoigne. C’était le mardi 25 janvier 2011.

L’opposant tunisien historique Moncef Marzouki a été vivement pris à partie mardi à Tunis par des manifestants sur l’esplanade de la Kasbah, qui l’ont insulté et poursuivi, le contraignant à quitter les lieux précipitamment.

L’incident s’est produit quand l’opposant a voulu saluer la foule devant le ministère des Finances où des avocats tunisiens lançaient des slogans contre le gouvernement de transition, très décrié en raison de la présence de nombreux caciques du régime du président déchu Ben Ali. Immédiatement, un groupe de jeunes manifestants s’est rué sur lui, en l’insultant, et le traitant d' »agent des Français et des Américains ». L’opposant a alors dû prendre la fuite, se frayant un chemin parmi la foule, poursuivi par ce groupe très agressif jusque dans les ruelles de la medina, où d’autres manifestants se sont alors interposés.

La version de Moncef Marzouki: « D’après moi, ils ont été envoyés par le pouvoir »

« Ils disent que je suis un mécréant », a expliqué, essoufflé et visiblement choqué ce dirigeant de la gauche laïque âgé de 65 ans. « D’après moi, ils ont été envoyés par le pouvoir. Il y a une campagne contre moi, y compris sur (le réseau social) Facebook », a-t-il ajouté.

La version des témoins présents: Ils étaient de simples manifestants

Mais pour un des manifestants qui l’a poursuivi, il s’agit seulement d’empêcher toute récupération politique de la « révolution du Jasmin », d’où qu’elle vienne. « Ça y est, tout le monde rapplique maintenant pour venir récupérer notre révolution », explique cet homme en colère d’une quarantaine d’années, venu du centre frondeur et déshérité du pays, foyer principal de la contestation.

« Ils ne savent même pas qui c’est »

Le groupe qui a pourchassé Moncef Marzouki s’est ensuite vivement fait rabrouer par les autres manifestants. « Ils ne savent même pas qui c’est, ils veulent juste éviter que des politiciens viennent jouer les premiers rôles », juge un manifestant. « On ne vend pas le sang des martyrs », proclamait une banderole accrochée sous les fenêtres du Premier ministre, dénonçant toute récupération politique du mouvement. (Source: ICI)

 

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