Omar Shabou fait à Moncef Marzouki le même coup de Ben Ali

Omar Shabou Rédacteur en chef du quotidien Le Maghreb (paraissant en Tunisie) s’est fait remarqué dans l’édition du jeudi 8 décembre 2011 par sa lettre ouverte à Moncef Marzouki parue sur les colonnes du Maghreb (lire ci-dessous).

Dans cette dernière, Omar Shabou rappelle à Moncef Marzouki ses quartes vérités. A savoir :

Que Moncef Marzouki ne sera pas élu au poste de président de la république grâce au suffrage universel mais, qu’il sera désigné par Ennahda.

Que lors des élections de la Constituante du 23 octobre 2011, le CPR de Moncef Marzouki n’a recueilli que 8,6% des voix exprimées et que Moncef Marzouki n’a été élu que grâce à la méthode des plus forts restants dans sa ville natale Nabeul. 7.000  tunisiens uniquement  avaient voté pour Moncef Marzouki à Nabeul.

7.000 (7 milles) Tunisiens uniquement ont voté pour Moncef Marzouki à Nabeul

Le CPR n’a obtenu que 8,6% des voix exprimées

Taux d’abstention d’environ 50% aux élections du 23 octobre 2011

 

Un examen médical de la santé de Moncef Marzouki

Le coup politique le plus cynique est venu dans le dernier paragraphe de la lettre ouverte de M.Omar Shabou quand ce dernier a exigé, au nom de la transparence, que l’état de santé du futur Président de la république soit connu par tous les Tunisiens.

Un coup politique cynique car Omar Shabou  qui a connu un long exil en France était « l’homme le plus informé du microcosme  tunisien». Sa  demande n’est pas par conséquent  aussi innocente comme le laisse entendre sa lettre ouverte.

Shabou connait parfaitement la réponse à sa question. Car Moncef Marzouki a été hospitalisé en France…Le même Shabou n’ignore pas les raisons de ces hospitalisations…

Omar Shabou a fait la même demande à Ben Ali en 2003

A rappeler qu’Omar Shabou (avec Sihem Bensedrine) avait adressé en 2003 une lettre ouverte à Ben Ali afin que ce dernier rende public son état de santé. Dans le temps, des mystérieux « corbeaux » avaient soufflé, au journal Algérien Le Matin, des informations extrêmement confidentielles sur l’état de santé de Ben Ali. Le même Omar Shabou connaissait en 2003 l’identité de ce(s) mystérieux corbeau(x)…

Maladie de Monsieur Zine Al Abidine Ben Ali

Une déclaration commune de Sihem Ben Sedrine et Omar S’habou

Le 6 mai 2003

 Depuis quelques semaines une rumeur persistante circule dans le pays affirmant que le Président de la République, Monsieur Zine el Abidine Ben Ali, serait gravement malade.

 Cette rumeur a cessé d’en être une dès lors qu’un journal de notoriété internationale, le quotidien algérois « Le Matin » en l’occurrence, en a fait le principal sujet de son édition du 16 mars 2003 donnant de surcroît le nom du professeur de médecine français qui soigne Monsieur Ben Ali  » d’un cancer des glandes séminales ». Une information qui n’a pas été démentie.

 Face à cet état de fait, nous sommes en tant que citoyens engagés dans la défense de nos droits fondamentaux fortement interpellés. Dans un état de droit, la santé du Président de la République cesse d’être un fait privé. Elle releve du champ public. En Tunisie et en vertu des termes de la Constitution – surtout après la réforme de mai 2002 -le Président dispose de pouvoirs exorbitants. Son état de santé en devient organiquement lié, en quelque sorte, à la santé du pays.

 Nous estimons par ailleurs que la nocivité et la dangerosité des rumeurs et des informations ralatives à l’état de santé du chef de l’Etat sont aujourd’hui telles qu’ elles risquent d’installer le pays dans état d’attentisme, voire de fin de règne, préjudiciable à une marche saine de la vie publique. Aussi et pour l’ensemble de ces considérations, nous pensons qu’il relève de la sagesse et du sens de responsabilité élémentaires d’y mettre un terme, dans un sens ou dans un autre, par la publication d’un communiqué dûment signé par une autorité médicale crédible sur l’état de santé du Président de la République. Nous souhaitons et voulons savoir la vérité sur son état de santé. Toute dissimulation équivaut dans le cas d’espèce à un gravissime manquement à l’intérêt supérieur de l’Etat et du pays.

 Tous les Etats dignes de ce nom s’y obligent régulièrement. Ils ne font nullement preuve, ce faisant, de faiblesse qui atteigne à leur autorité. Au contraire, ils renforcent celle-ci en répondant à un droit légitime des citoyens d’être tenus informés de l’état de santé réel de l’homme qui préside à leurs destinées et à celles de leurs enfants.

 Sihem Ben Sedrine, Omar S’habou

Le 6 mai 2003

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