Moncef Marzouki : Première promesse électorale trahie

Interview de Moncef Marzouki datant du 3 novembre 2011 avec Pierre puchot de MEDIAPART : Moncef Marzouki: «La Tunisie est capable d’être gouvernée par des modérés»

Extrait :

 MEDIAPART: Sur cette question de la répartition des postes, comment vous positionnez-vous ? On vous dit candidat au poste de président de l’Assemblée. Une rumeur persistante évoque le transfert du premier ministre actuel, Béji Caïd Essebsi, au poste de président de la République.

Moncef Marzouki: Le premier point, extrêmement clair pour nous, c’est que le CPR s’oppose radicalement à ce qu’une personne de l’ancien régime puisse exercer la moindre responsabilité dans le nouvel organigramme. Et ce, pour le poste de président de la République comme pour celui de n’importe quel ministère. C’est, pour nous, une question de principe. Ce pays a fait une révolution, il veut une rupture, il est hors de question que nous acceptions n’importe qui de l’ancien régime, à n’importe quel poste.

Moncef Marzouki était tellement content de lui-même avec cette promesse que la page officielle facebook du CPR a diffusé cet extrait de l’interview de Mediapart le 4 Novembre 2011 aux milliers de fans du CPR afin qu’ils constatent combien Moncef Marzouki tient aux « questions de principes » et « radicalement »:

Un mois après…

Le 8 Décembre 2011,  lors d’une interview avec Ahmed Mansour pour le compte de la chaine Aljazeera (émission : sans frontières) Moncef Marzouki a confirmé que l’actuel Ministre de la défense sera reconduit dans ses fonctions (et d’autres Ministres peuvent être reconduits aussi). Noureddine Bhiri avait annoncé cette nouvelle il y a quelques jours.

M. Abdelkrim Zbidi Zbidi est pourtant un ancien du  RCD et un ancien Ministre de Ben Ali. Il a occupé le poste de secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre (Mohamed Ghannouchi) chargé de la recherche scientifique et de la technologie (1999-2000), Ministre de la santé publique (2001) et Ministre de la recherche scientifique et de la technologie (2002).

Et que disait donc le très « honnête en politique » Moncef Marzouki le 3 Novembre 2011 à Mediapart et à d’autres médias ?

« le CPR s’oppose radicalement à ce qu’une personne de l’ancien régime puisse exercer la moindre responsabilité dans le nouvel organigramme. Et ce, pour le poste de président de la République comme pour celui de n’importe quel ministère. C’est, pour nous, une question de principe »

Et que disaient (et continuent à dire)  les Communiqués officiels du CPR de Moncef Marzouki:

« Nous voulons être conformes à nos promesses faites aux électeurs et à l’ensemble du peuple tunisien »

Ainsi « conformes à nos promesses » et « radicalement » et question de « principe ». Les trois à la fois?

Mais ça fait trop de « principes radicaux Marzoukistes ».Sans blagues !

Le même Moncef Marzouki avait écrit pourtant dans son ouvrage « Dictateurs en sursis »  à la page 103 :

« Au fond, je suis resté un bédouin de mon Sud profond et chez nous un homme sans parole est un homme sans honneur et un homme sans honneur est moins que rien. »

Enfin pour la « parole » Monsieur le candidat…

 

BDTECHIE