L’appel surréaliste de Businessnews à Moncef Marzouki

Businessnews s’est fait remarquer en date du 4/12/2011 par une chronique sous forme d’appel à Moncef Marzouki qui, pour le moins, fait rire.

 Extrait:

Le projet de l’organisation provisoire des pouvoirs vient d’être rendu public dans sa version en arabe par le journal Le Maghreb dans sa livraison du dimanche 4 décembre 2011.

Le volet concernant les prérogatives du futur président de la République provisoire attire particulièrement l’attention dans le sens où sur les 12 prérogatives qui lui sont attribuées, aucune n’en est vraiment une.

En effet, pour la plupart des décisions dont il serait habilité à assumer la responsabilité, il ne peut les prendre que sur proposition du Premier ministre

 (…)

Et Businessnews d’ajouter :

« Et dire que Moncef Marzouki, puisqu’il s’agit de lui, avait crié qu’il refuserait le poste de président de la République s’il n’avait de véritables prérogatives. Alors, en lisant bien ces prérogatives telles que stipulées dans ledit projet, M. Marzouki devrait renoncer à cette tâche s’il veut être crédible et conséquent avec lui-même et avec ses principes. »

A la vérité, Moncef Marzouki est prêt à tout accepter pourvu qu’il soit le Président. Ceux qui connaissent le parcours politique de l’homme ont mesuré plus d’une fois, le décalage énorme entre les « discours de Moncef Marzouki » et « ses pratiques ».

Son Interview diffusée sur la chaine Aljazeera (en date du 8/12/2011) avec Ahmed Mansour (émission sans frontières) confirme ces faits. En réponse à la question d’Ahmed Mansour sur les raisons du refus d’Ennahdha de laisser les portefeuilles du Ministère de l’Intérieur et de la Justice au Congrès pour la république, Moncef Marzouki a répondu « qu’Ennahdha lui aurait dit que le CPR ne peut pas s’accaparer les postes clés de l’Etat (La présidence, L’intérieur et la justice) et qu’il fallait par conséquent choisir, cela va de soi. » ( Le Communiqué du CPR en date du 23 novembre 2011 avait aussi donné la même explication).

Qu’a fait Moncef Marzouki devant ce dilemme? Son choix ne s’est pas fait attendre (celà va de soi). A lui la présidence et tant pis pour l’interieur et la justice sacrifiant ainsi les ambitions ministérielles de ses deux lieutenants Mohamed Abbou et Abdelwahab Maatar qui lorgnaient vers ses postes.

 Dans la même Interview on apprend aussi que certains Ministres de l’actuel Gouvernement vont rester (Le ministre de la défense reste officiellement dans l’attente d’autres restants). Le même Moncef Marzouki pourtant s’était « gargarisé » (à son habitude) avant les élections de son refus de voir des Ministres qui ont servi sous Ben Ali dans le nouveau gouvernement (c’est le cas de l’actuel Ministre de la défense qui est un ancien du RCD et un ancien Ministre de Ben Ali).

Encore une promesse trahie.

 Le même Moncef Marzouki, qui crie sur tous les toits qu’il avait rompu avec Ben Ali dés 1987 (ce qui est faux car Moncef Marzouki n’a rompu avec le régime tunisien qu’au début de 1994) s’était fait remarquer avant les élections présidentielles de 1994 par son appel « mielleux » au « Chef de l’Etat » afin que ce dernier accepte sa candidature aux présidentielles (lire l’interview ci-dessous). C’est le quotidien français La Croix qui a reproduit cette interview historique qui montre que pour le pouvoir, Moncef Marzouki est prêt à tout, quitte à mentir en politique. (Interview conduite par le Journaliste Kamel labidi qui a subi des tracasseries en 1994 pour avoir fait cette interview. Lire ci-dessous).

 Mentir en politique, alors qu’il continue à servir des « discours » sur « l’honnêteté en politique » et le « parler vrai »…

Ambiance! Ambiance!

 

 

L’interview de Moncef Marzouki a couté à Kamel Labidi son poste :

 

Le journaliste Kamel Labidi qui a interviewé Moncef Marzouki a été licencié de son travail à cause de cette Interview comme le précise le quotidien le Monde :

 

TUNISIE Condamnation d’un opposant

Le Monde. Article paru dans l’édition du 08.04.94

Hamma Hammami, secrétaire du Parti ouvrier communiste tunisien (POCT), une formation d’extrême gauche non reconnue, a été condamné, mercredi 6 avril, à cinq ans et demi de prison par le tribunal correctionnel de Sousse. Il était accusé de falsification de carte d’identité et de violences contre agent de la sécurité.

Par ailleurs, Kamel Labidi, correspondant local de la Croix, vient d’être licencié de l’agence Tunis Afrique presse (TAP) : il avait publié, dans le quotidien français, en février, un entretien avec Moncef Marzouki, ancien président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH). Enfin, Science et Nature, le magazine de l’environnement, qui avait évoqué, dans son numéro de mars, la situation des droits de l’homme en Tunisie, vient d’y être interdit de diffusion.

http://www.lemonde.fr/web/recherche_breve/1,13-0,37-320500,0.html

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