Livre sur les révolutions arabes de Tariq Ramadan

Tariq Ramadan vient de publier un ouvrage intéressant et instructif : « l’islam et le réveil arabe » Presses du Châtelet où Tariq Ramadan se propose d’analyser l’après « révolutions arabes ».

 Aveuglé par « l’euphorie révolutionnaire » des lendemains de chute des dictatures arabes, l’intellectuel suisse a vite oublié qu’il a qualifié le 14 janvier en Tunisie par exemple de « révolution » avant de revenir sur son analyse et qualifier les changements survenus dans les pays arabes de soulèvements tout en ne niant pas niant pas le caractère spontané des soulèvements. Par ailleurs, dans le cas de la Tunisie, il y a une forte exagération du rôle joué par les blogueurs dont certains d’entre eux aurait bénéficié selon Tariq ramadan de formations à la résistance non violente aux Etats-Unis. (C’est le grand défaut des analyses de Tariq ramadan qu mis à part l’Egypte ne connait pas les réalités intérieures de chaque pays arabe et reprend parfois des clichés dignes des films de Hollywood).

Cependant, sur le fond des problématiques que vivent les pays arabes, son analyse est pertinente :

« Les aspirations des blogueurs ne sont pas celles de la majorité de la population. Pire, elles portent la marque suspecte de l’influence occidentale. Il faut donc chercher un autre chemin vers la démocratie à partir de la référence islamique.

Comment ? Avant tout en évitant de poser frontalement la question de la laïcité. Elle provoque en effet une polarisation qui permet aux deux camps en présence de refuser toute remise en question et toute évolution.

Au camp laïc, il reproche certaines accointances avec les régimes défunts, une méconnaissance des réalités populaires et de la tradition musulmane. Il est clair qu’il n’a pas sa sympathie. »

Des critiques au camp islamiste

Si Tariq ramadan constate une réalité amère dans les pays arabes, celle du décalage entre les « préoccupations » de ceux qui forment le camp laïque et la majorité de la population, il a le courage intellectuel d’émettre des critiques au camp islamiste.

« Ce dernier ( le camp islamiste) n’apporte guère de solutions aux vrais problèmes – économiques et culturels notamment – des pays arabes et peine à proposer un apport original de l’islam en politique autrement que par la référence, ambiguë car elle peut recouvrir des contenus très différents, à la charia. »

Se pose alors la question existentielle : Que faire ? Une question à laquelle Tariq Ramadan apporte des réponses ambigües et qui sont assez difficiles à mettre en œuvre dans les pays arabes dont la chute des dictatures archaïques a dévoilé une vérité amère : Les sociétés y compris la majorité de leurs élites sont aussi archaïques que les dictatures qui les ont dominées.

 

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