Parution du livre mes années Ben Ali

Le livre de l’ancien ambassadeur de France en Tunisie, Yves-Aubin de la Messuizière: Mes années Ben Ali parait aujourd’hui (30 Novembre 2011). Un livre aussi intéressant pour le lecteur tunisien que pour le français, puisqu’il donne un éclairage inédit sur les relations très particulières des deux pays sous Ben Ali. Le livre révèle également deux télégrammes diplomatiques que La Messuzière a été autorisé à publier avant le délai habituel de 30 ans.

 Préface:

 « Quand Karim Ben Smaïl, le directeur des éditions Cérès, me proposa, au lendemain de la chute de Ben Ali, de publier un livre relatant mon expérience d’ambassadeur de France en Tunisie, de 2002 à 2005, écrit-il, j’acceptai aussitôt de transmettre un témoignage qui pourrait intéresser principalement les lecteurs tunisiens. En effet, l’activité d’un ambassadeur est parfois entourée de mystère car le plus souvent, il doit agir dans la discrétion, plus particulièrement sous les régimes autoritaires.

Même si je souhaite être le plus transparent possible, le lecteur ne doit pas s’attendre à des révélations sensationnelles. Il pourra, toutefois, mieux comprendre, je l’espère, le mode de fonctionnement d’une ambassade dans la Tunisie de Ben Ali.

 Dans la rédaction de l’ouvrage, je me suis appuyé sur les archives du ministère des Affaires étrangères et celles de l’ancien président de la République, Jacques Chirac, déposées aux Archives nationales.

 Je me suis efforcé de rapporter de manière privilégiée l’analyse que l’ambassade faisait, à la fois du régime de Ben Ali et de la société tunisienne.

 La prévision et l’anticipation étant au coeur du métier diplomatique, je tenais régulièrement informées les autorités françaises des dérives du régime et des risques portant sur la stabilité du pays. C’est la raison pour laquelle j’ai souhaité publier, en annexe de l’ouvrage, avec l’accord du ministère des Affaires étrangères, deux correspondances diplomatiques, Réflexion prospective sur la Tunisie en 2010 et L’Envers du décor, rédigés respectivement en 2003 et 2005.

 Les critiques injustes de certains cercles politiques, de médias, adressées aux diplomates qui n’auraient «rien vu venir » s’agissant des bouleversements intervenus en Tunisie et en Égypte, m’ont renforcé dans ma détermination de dire certaines vérités. Je souhaite en rétablir une : contrairement à ce qu’ont affirmé certains pamphlétaires, on ne peut dire qu’il y a eu de la part des autorités françaises une complaisance, voire des connivences à l’égard du régime de Ben Ali, qui ne disposait pas de réels réseaux politiques en France. La relation franco-tunisienne que j’ai suivie durant de nombreuses années, manquait de chaleur depuis l’avènement de Ben Ali. Par contre, on peut reprocher à nos dirigeants certaines faiblesses à l’égard du régime et de ne pas avoir été suffisamment fermes sur la question des droits de l’homme et des libertés publiques. Après les attentats de New-York en septembre 2001, la France, comme les principaux partenaires de la Tunisie, ont considéré que Ben Ali avait réussi dans sa lutte contre l’islamisme radical et qu’en conséquence, il devait être protégé de toute critique sur son mode de gouvernement.

 Je me suis efforcé de porter un regard d’observateur aussi impartial que possible, mais avec ma sensibilité personnelle sur un pays que mon épouse Florence et moi-même avons beaucoup aimé. Nous avons été ensemble à la rencontre d’une société accueillante, souvent sophistiquée, ouverte sur le monde et plus particulièrement sur la France.

 Entre les lignes, cet ouvrage rend hommage à tous ceux et à toutes celles qui ont lutté avec courage contre l’oppression pour rétablir la dignité du peuple tunisien ».


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