La seconde tentative d’Ennahdha de renverser Ben Ali en 1990

Rappel des faits :

Le Mouvement Islamiste avait prévu un Coup d’Etat le 8 Novembre 1987.

Il s’agit là d’un fait historique incontestable que Salah Karkar (président du MTI (Mouvement de la tendance Islamique rebaptisé Ennahdha) a reconnu dans son Entretien avec l’islamologue François Burgat (paru dans son ouvrage « l’Islamisme au Maghreb ») et confirmé par Moncef Ben Salem.

Le groupe islamiste qui se proposait de renverser le régime a été appelé « le groupe sécuritaire 1 » et était composé d’activistes islamistes, de policiers, de militaires.

La majorité des membres de ce groupe a été libéré au plus tard en Novembre 1988 (soit un an après leur arrestation).

Ennahdha avait conclu un accord avec Ben Ali : « Rached Ghannouchi désavoue publiquement le groupe Sécuritaire et s’engage à ne plus infiltrer les appareils de l’Etat et en échange, Ben Ali libère les personnes arrêtées. » D’ailleurs,Rached Ghannouchi a été reçu par Ben Ali 2 fois.

Cet accord était superficiellement respecté jusqu’au début de 1990.  Car profitant de la victoire du FIS en Algérie et de la guerre du Golf, Ennahdha a cherché à instrumentaliser les manifestations qui ont eu lieu pour soutenir l’Irak, pour son propre compte et a cherché incontestablement à renverser Ben Ali.

A la fin de 1990, l’affrontement entre le régime et Ennahdha commence.  C’est là que le régime réalise que lors de l’arrestation des membres du premier groupe sécuritaire, plusieurs activistes n’ont pas été découverts et ont reconstitué un second groupe. C’est ce qu’on appelle le groupe sécuritaire 2.

Les investigations sur le « complot » d’Ennahdha ont duré de la fin de 1990 à la fin de 1991.

 Le Quotidien français Le Monde avait évoqué la découverte du groupe sécuritaire 2 dans son édition du 01.12.90. L’article figure dans les archives payantes du Monde. Je le publie dans son intégralité à titre informatif et en invitant les lecteurs à s’abonner au Monde.

TUNISIE les islamistes de nouveau en accusation Un réseau terroriste aurait été démantelé

Le Monde, Article paru dans l’édition du 01.12.90

 Un réseau islamiste d’une soixantaine de personnes qui préparait des actions terroristes a été récemment démantelé. L’hebdomadaire Réalités, qui a révélé, jeudi 29 novembre, cette affaire, confirmée par les autorités, précise que les comploteurs se proposaient de changer le régime par  » la révolution islamique « , en vue d’instaurer la charia (loi musulmane). Des caches d’armes légères auraient été découvertes à Tunis et dans le sud du pays, à Gafsa et à Gabès.

Selon Réalités, le groupe était dirigé par un ingénieur de la compagnie tunisienne d’électricité, âgé de trente-deux ans, M. Mohamed Lahbib Lassoued, en état d’arrestation. Il avait été condamné à un an de prison, en septembre 1987, lors du procès du mouvement islamiste. En désaccord avec la direction du mouvement Ennahdha qui rejette officiellement la violence, il aurait depuis démissionné du mouvement.

 Parmi les autres personnes arrêtées, figureraient plusieurs anciens militaires et policiers, déjà impliqués dans une affaire semblable découverte en novembre 1987. Ce groupe projetait des assassinats de personnalités politiques et des attaques de bâtiments officiels qui devaient aboutir au renversement de l’ex-président Bourguiba. La destitution de celui-ci, le 7 novembre, le prit de court, mais une centaine de ses membres furent arrêtés, puis grâciés un an plus tard par M. Ben Ali, sans avoir été jugés.

 Venant après les récentes condamnations à des peines de prison de plusieurs dizaines de jeunes islamistes et l’arrestation, il y a deux semaines, de sept jeunes gens détenteurs d’un stock d’explosifs (le Monde du 21 novembre), la découverte de ce nouveau réseau remet au premier plan le mouvement Ennahdha, dont la presse officielle dénonce, depuis quelque temps, les menées déstabilisatrices. Ses dirigeants, qui demandent leur reconnaissance en tant que parti politique, déplorent régulièrement  » la répression  » dont ils sont victimes, et affirment être étrangers à tout projet d’action terroriste.

DEURE MICHEL

BDTECHIE