Bourguiba: les opposants sont des …

Comme le rappelle Noura Borsali dans son article « Les deux premières manifestations de la Tunisie indépendante. Noura Borsali,20-04-2006- REALITES » Bourguiba avait fondé son pouvoir sur des « comités de vigilance » qui constituaient le noyau de la police politique tunisienne.

 « Ces comités, selon Mohamed Dhifallah, existaient également dans tout le pays et étaient animés également par Amor Chéchia dont le centre était situé à Sidi Ben Aïssa, à Béni Khalled, et aussi par Zarg-el-ayoun, Hassen Ben Abdelaziz, …Ces comités disposaient de voitures sur lesquelles était inscrit le nom de tel caïd. Ils opéraient en plein jour, devant tout le monde. Dans ces centres, on torturait et des yousséfistes ont disparu. Ceux qui ont quitté ce lieu, indemnes, sont peu nombreux. »

 A partir de 1965, le pouvoir de Bourguiba réprime la gauche comme le rappelle Aziz Krichen dans son ouvrage « Le syndrome Bourguiba »: « La mobilisation de la jeunesse tunisienne autour des idéaux de l’extrême-gauche a commencé dans les années soixante et elle a pris très rapidement l’ampleur d’une levée en masse(…)L’intervention policière a été impitoyable, d’une brutalité hors de proportion avec le niveau réel de la menace, et menée comme on assouvit un ressentiment, de façon rancunière, petite et mesquine, avec cette lâcheté de qui s’engage dans un combat inégal où il se sait le plus fort. »

 Il s’agissait des mêmes méthodes appliquées contre les youssefistes: procès politiques, torture dans les prisons et  à  Sabbat Edhlem .

 En 1973, Habib Bourguiba donnait une conférence à l’IPSI (Institut de presse et des sciences de l’Information) dans laquelle il déclarait :

des  historiens et d’anciens hommes politiques ont l’habitude de présenter Habib Bourguyiba comme un grand « démocrate ».

A supposer qu’ un démocrate qualifie ses opposants (universitaires et ouvriers qui constituent le mouvement politique et syndicalistes) de « microbes », s’il n’était pas un « démocrate », il les aurait qualifié de quoi?

 D’autres historiens ont l’habitude de présenter Habib Bourguiba comme un  despote « éclairé ».

 Si un « éclairé » qualifie ses opposants de « microbes », un « non éclairé » les qualifierait comment ?

 Et une dernière question: Les ministres, les doyens, les étudiants présents à la conférence qui ont longuement applaudi Habib Bourguiba, ils ont applaudi qui et quoi finalement? cette conception politique (si « éclairée », si « démocrate », si « Bourguibiste »!) qui veut que l’opposition » sot qualifiée de « microbes »?

 

BDTECHIE