Les aveux de Salah Karkar qui dérangent Rached Ghannouchi

Si Ennahdha parait traversé par des déchirements en profondeur qui contrastent avec l’unité apparente (guéguerre entre le clan Rached Ghannouchi –le clan du sud- et celui de Hamadi Jbali –le clan du sahel, entre ceux qui ont passé plus de 10 ans en prison (Akrout,Ellouze,Sadok Chourou) et ceux qui ont fuient la répression et se sont exilés…etc) il fût un temps où le seul « fondateur historique » qui dérangeait Rached Ghannouch était Salah Karkar président du Mouvement en 1987.

 Salah Karkar s’est exilé en France (depuis 1987) et a subi une des longues et mystérieuse assignation à résidence qu’a connue la France (à partir de 1993 jusqu’à 2011). Il a été victime d’une hémorragie cérébrale le 15 janvier 2005 (comme il se retrouvait seul dans sa chambre d’hôtel, il n’a pas pu être secouru qu’après 8h) et ses dégâts paraissent irréversibles. L’homme n’est plus en mesure d’exercer des activités politiques.

 Salah Karkar a été victime de la rancune du clan Rached Ghannouchi car il était le seul chef d’Ennahdha à reconnaitre et à révéler la tentative de coup d’Etat islamiste qu était prévue pour le 8 novembre 1987.  Des aveux qui ont déplu à Rached Ghannouchi partisan selon le politologue Michel Camau d’un « révisionnisme historique » (contre toute évidence, Rached Ghannouchi a toujours nié qu’Ennahdha a recouru à la violence).

Les aveux de Salah Karkar dont l’assignation à résidence a été levée après janvier 2011 sont parus dans l’ouvrage « l’islamisme au Maghreb » dont l’auteur est François Burgat, un des meilleurs islamologues dans le monde. Il s’agit d’un ouvrage incontournable pour comprendre les islamistes tunisiens.

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