La vérité sur le ratissage du Cap bon en 1952

Contrairement à l’Algérie, la Tunisie (régime, oppositions, société civile et tunisiens ordinaires) ne s’est jamais sentie concernée par les crimes coloniaux commis par une partie de l’armée française en Tunisie avant l’indépendance.

Ainsi, aucune réaction tunisienne n’a été constatée lors des débats qu’a connus la France après 2000 à l’occasion des révélations du général Aussaresses sur les crimes commis en Algérie ni lors de l’adoption de la loi sur le rôle positif de la colonisation (l’Algérie avait rejeté cette loi).

Pourtant, des crimes coloniaux ont eu lieu en Tunisie tels ceux commis durant la bataille de Bizerte en 1961 (bilan officiel : 600 morts, bilan réel : environ 5000 morts tunisiens) et ceux commis au cap bon lors de son ratissage par les troupes du général Jean Garbay en 1952. Il s’agit principalement des villes de Tazerka, El Maâmoura et Kélibia) qui ont connu des viols, des exécutions sommaires et où le bilan serait de 200 morts.

En effet, le 13 janvier 1952, le nouveau Résident, le général Jean de Hauteclocque, un résident « autoritaire » est envoyé à Tunis. Il décida d’employer la manière forte. Il lança de vastes opérations de ratissage dans la région du cap Bon, à une soixantaine de kilomètres de Tunis, foyer traditionnel d’agitation. Pillages, destructions, exécutions sommaires, viols de femmes et de jeunes filles…etc. l’Histoire a retenu la déclaration Jean de Hauteclocque à Vincent Auriol après que ce dernier l’a nommé comme résident général de la France en Tunisie : « Jusqu’ici, Monsieur le Président, nous avons bandé mou, maintenant, il nous faut bander dur. »

C’est grâce à la France qu’on connait plus de détails sur le ratissage du cap bon en janvier 1952. 3 ouvrages parus (certes extrêmement rares et inconnus du grand public) révèlent la vérité sur ces événements. Il s’agit du livre blanc sur la détention politique en Tunisie paru en 1953 et du « drame tunisien » paru en 1952 en deux versions au contenu différent. La première est éditée par le parti communiste français, la seconde par les cahiers du témoignage chrétien.

PS : Je tiens à remercier la jeune historienne Amna Abid qui, à ma demande, m’a scanné ce document extrêmement rare. Je l’ai mis en PDF afin que d’autres puissent le lire et le partager. 

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