Beji Caid Essebsi a réprimé les manifestations de Ouerdanine en 1969

En 1969, Ouerdanine (au sahel) a connu des manifestations populaires contre le régime de Bourguiba. Ces dernières ont été réprimées dansle sang après que Beji Caid Essebsi (Ministre de l’Intérieur en 1969) a donné l’ordre de tire sur les manifestants (selon le témoignage de Hassan Babbou, ancien Directeur de la Sureté en Tunisie).

A Ouerdanine,il n’y a pas eu qu’un seul mort et des blessés, des manifestants ont été arrêtés et Ahmed Manai rappelle dans son ouvrage « supplice tunisien : le jardin secret du général ben Ali » (édition La découverte 1995) à la page 82 (voir ci-dessous) le sort de Am Eddouble qui a perdu l’utilisation de ses jambes à cause de la torture qu’il a subie.

A rappeler que Beji Caid Essebsi a fait son entrée au ministère de l’intérieur en juin 1956 pour occuper à partir d’octobre 1956 le poste de « directeur des affaires politiques » jusqu’à décembre 1962 date à laquelle il a été nommé Directeur de la Sûreté jusqu’à juin 1965 et Ministre de l’intérieur de juillet 1965 à septembre 1969.

Les témoignages publiés qui accusent l’actuel Premier ministre sont nombreux :

Mort suspecte dans les locaux du Ministère. En effet, En janvier 1963, M. Béji Caid Essebsi était le Directeur général de la Sureté quand le syndicaliste Hassen Saadaoui était mort dans les locaux de la police officiellement « suite à une crise cardiaque ». Sa famille se rappelle que Hassan Saadaoui a été convoqué par la police pour un interrogatoire. Et ajoute : « Nous ne savons pas ce qui s’est passé au poste de police mais en fin d’après-midi, les policiers ont informé sa femme Cherifa de sa mort » (1).

Une victime qui a perdu l’utilisation de ses jambes à cause de la torture et a continué sa vie sur une chaise roulante (2).

L’ex directeur général de la sureté Hassan Babbou a précisé que c’est Beji Caid Essebsi qui a donné l’ordre de tirer sur les foules des manifestants à Ouerdanine (au sahel) contre la collectivisation des terres faisant ainsi un mort suite à l’ordre de Beji Caid Essebsi de tirer sur la foule et des dizaines d’autres victimes…(3).

5 autres morts, des dizaines de blessés et des centaines d’arrêtés dans les manifestations de Borj Rais (quartier très pauvre à Tunis) en Octobre 1965, alors que M. Béji Caid Essebsi était le ministre de l’intérieur (4)

La répression (à partir de 1966) du Mouvement PERSPECTIVES (l’extrême gauche sous Habib Bourguiba) selon les témoignages des leaders historiques de la gauche en Tunisie tels que Gilbert Naccache ou Noureddine Ben Kheder.

Il s’agit de quelques témoignages parmi des dizaines d’autres sur la torture sauvage que l’actuel Premier ministre a coordonnée quand il était au Ministère de l’Intérieur.

A rappeler aussi qu’n avocat tunisien a déposé en octobre 2011 une plainte contre Beji Caid Essebsi pour « torture » et « homicide volontaire ».

  1. Extrait de l’Interview de Georges Adda par Noura Borsali, pp 54-55, Ouvrage «Bourguiba à l’épreuve de la Démocratie, 1956-1963 » Samed Editions, janvier 2008.
  2. Le quotidien tunisien Alchourouk 26-08-2008, page 18
  3. L’histoire terrible d’Am Eddouble ancien résistant qui a fini sa vie sur une chaise roulante après la torture subie dans les locaux du ministère de l’Intérieur, Page 82 de « Supplice tunisien », Auteur Ahmed Manai, Edition La découverte 1995.
  4. Le mouvement Perspectives (ouvrage en arabe). Auteur M. Abdeljlil Bouguerra (pp 46-47).

Le témoignage de Ahmed manai sur les manifestations de Ouerdanine en 1969

Page 82 de « Supplice tunisien », Auteur Ahmed Manai, Edition La découverte 1995

 

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