La femme du Bey au 4 ème étage du Ministère de l’Intérieur

Depuis l’indépendance de la Tunisie, des milliers des personnes ont été interrogés, torturés et violés au 4 ème étage du ministère de l’Intérieur…

Noura Borsali rappelle dans son ouvrage ( Bourguiba à l’épreuve de la démocratie, 1956-1963». Samed Editions, janvier 2008,  pp 113-114  « le sort de la famille du dernier Bey de Tunis »….

C’était en 1957…

« Sortant du quatrième étage du Ministère de l’intérieur, la femme du Bey avait du sang qui sortait de sa bouche et du bas-ventre.Elle mourra plus tard dans les bras de son mari ,choquée à jamais »

Et quand le dernier Bey en Tunisie a appris ce qui était arrivé à sa femme au 4 ème étage du ministère, il a crié :

« C’est aujourd’hui que j’étais réellement destitué ».

Il mourra quelques mois plus tard

Qu’est ce qui s’est passé au 4 éme étage du Ministère de l’Intérieur ? Qui a volé les bijoux du Bey ?(Les rumeurs ont couru en Tunisie qu’une femme très puissante en Tunisie a eu ses bijoux au lendemain de l’indépendance).

Le dernier bey de Tunis témoignage de Noura Borsali

Pp 113-114 « Bourguiba à l’épreuve de la démocratie, 1956-1963 ». Samed Editions, janvier 2008

Dix jours avant la chute de la monarchie et la proclamation de la république, l’armée tunisienne remplace la garde beylicale si bien que le bey ainsi que son entourage ne sont plus libres de leurs mouvements. Le 18 juillet, Slaheddine bey, fils cadet du bey, est arrêté et transféré à la prison civile de Tunis, sous prétexte qu’il avait écrasé un certain gaaloul. Il confiera, en 2001, à Tijani Azzabi, quelques années avant sa mort : « l’indépendance de la Tunisie ne devait en aucune façon se répercuter négativement et menacer le bey et sa famille. Mon père était un grand nationaliste. Lorsqu’on est venu me retirer de ma geôle, au sous-sol, pour m’emmener dans un endroit inconnu, j’ai cru qu’on allait me tuer, surtout que l’on m’avait présenté à mon père, emprisonné à l’étage supérieur, pour lui dire adieu ». et d’ajouter » quant à ma mère, elle ne s’est plus remise de son arrestation, et surtout de ses trois jours d’enquête au 4 ème étage du ministère de l’intérieur où la direction de la sureté la questionnait en permanence sur le sort des bijoux de la famille. Maltraitée ou pas, elle est revenue en tout cas avec du sang qui sortait de sa bouche et du bas-ventre. Des hémorragies o*interne. Elle mourra plus tard dans les bras de mon père, choquée à jamais, et sans jamais nous dire ce qu’elle avait subi pendant son interpellation au ministère de l’intérieur ». Docteur Ben Salem (ex gendre du souverain et ex ministre) a relaté dans son ouvrage « l’antichambre de l’indépendance » l’arrestation de lamine bey. Après l’encerclement et le verrouillage du palais le 23 juillet 1957, le 25 juillet, après la chute de la monarchie et la proclamation de la république par la constituante, une délégation composée du président Jallouli Fares, de Ali Balhaouane et du directeur des services de sécurité Driss Guiga est venue signifier au souverain sa déposition et sa mise en résidence surveillée à la

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Manouba. « Dix inspecteurs de police sont venus chez moi pour me signifier que je devais partir en résidence surveillée (…). Il était 19heures, le souverain habillé d’une simple djellaba, accompagnée de sa femme et de sa fille Safia a pris place dans une voiture précédant celle du commissaire de police et deux motards. Derrière, les princes Chedly et M’hammed et Slaheddine, ensuite moi-même encadré de deux inspecteurs ».

Docteur Ben Salem raconte le traitement inhumain qu’il a subi après sa fuite : coups violents portés sur des parties de son corps par un nerfs de bœuf qu’a utilisé Amar Chechia gouverneur de Sousse si bien, écrit-il que « je n’étais plus qu’une bouillie saignante ». Tous les biens de la famille beylicale –qui a été enfermée- ont été confisqués. Chadly bey a été condamné à cinq ans de prison et libéré deux ans après. Il confiera, dans un entretien, qu’il accordera en 2003 à Abdeljlil Temimi et à Mokthar bey, qu’il a passé 8 mois seul dans une cellule, avant d’être transféré à Kairouan, et que sa famille a été enfermée à dar Mourad bey à Manouba. Lamine bey mourra le 1 er octobre 1962 dans un appartement exigu au quartier Lafayette.

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